SUR LA TRACE DE NOS AIEUX BOSSAN  
Famille originaire de la paroisse de Saint Pierre de Cherennes, Isère, sur les contreforts du Vercors (recherches de Louis dans les années 1980/90). Cette commune résulte du démembrement de la commune d’Izeron en 1790. Bossan s’écrivait également Bossand. 


 

BOSSAN Jean et LYONNE Ursule : acte de mariage en 1824 à Saint Verand, Isère.

 


853. Reproduction de son acte de naissance. Son père est fermier de Mr Jubier.

 

BOSSAN  Jean (1853-1919) né à Saint Lattier (Isère) et MARCOL Marie-Mélanie son épouse (1853-1936) née à Chatillon Saint Jean*, mariés à Chatillon St Jean le 5 avril 1880, grands-parents de Louis.

   -Jean a été le granger de la maison JUBERT à Chatillon St Jean*  après la guerre de 1870. Granger, cela signifiait que le paysan devait donner la moitié de toute sa production au propriétaire, ce qui n’était pas un bon contrat.  Il habite Chatillon St Jean en 1880.

    - Marie : son frère a été tué à Verdun. Pour compléter son malheur, elle avait été la seule héritière de sa famille. Elle avait beaucoup d’argent, elle comptait souvent ses pièces d’or. Ses filles sont parvenues à récupérer cet argent, dimanche après dimanche en venant la solliciter. Cela fâchera beaucoup leur frère Jules car il n’y avait plus rien pour lui (témoignage Etienne). Jeune fille, elle a travaillé dans une soierie de Chatillon. Elle était très gentille. En fin de vie, elle quittera La Garenne pour habiter chez l’une de ses filles à Romans (témoignage de Guitte). Paul (il a 11 ans lors de son décès) : « je  lui portais le lait chez elle en allant le matin à l’école. Elle était gentille mais il fallait la laisser tranquille ».
                          
                                   
Marie Marcol épouse Bossan (2° en partant de la droite), photo 1908 prise sur la place de Triors.
(Indication écrite par Louis sur la copie utilisée)







                      Photo du mariage de Paul Bossan et Marie Imbert en janvier 1921 (archives Louis, ajout 2010).

Commentaire de Paul et Odile Bossan : « cette photo est une chance extraordinaire pour la famille Bossan. C’est la seule à notre connaissance où se retrouvent Marie-Mélanie Bossan avec ses enfants ! »
(Voir arbre généalogique Bossan).   Les 3 petits : Jean Bossan, Casimir Jacob, Jules Bossan
1° rang : 4 Berger, Marie-Mélanie Bossan née Marcol, les mariés Paul Bossan et Marie Imbert, Emile Imbert ,2 Bossan, Julie/Joséphine notre mémé.
2°rang : Mausser et son épse Anna Bossan, Elie Manin, Marie-Marguerite et Gabriel Manin, Joséphine Imbert, Louis Imbert et son épouse, Auguste Jacob et son épse Louise née Bossan, Jules notre pépé.
3°rang : Samuel Imbert, ?????, Raphael Gauthier, Rose Berger, Clotaire Falavel, ?, Abel Bossan et son épouse Stéphiana née Ankutowiez (polonaise).
Quelques précisions apportées par Paul et Odile Bossan :
Les BERGER  étaient apparentés à la mariée.
Rose BERGER (Mlle BERGER)  a tenu avec ses parents la mercerie place de l'Eglise  à Chatillon St Jean pendant un temps infini. (Mémé BOSSAN y était cliente.)
Mme CHRISTOPHE,  sa sœur, a été couturière en face de la mairie  à Chatillon St Jean et faisait les robes de Mémé. Pour mon mariage en 1957, elle avait fait un joli chemisier en soie pour Mémé BOSSAN.
Au 1er rang en 8 et 9 : Mr et Mme BOSSAN, non parents avec nous étaient les propriétaires de la ferme tenue par M. IMBERT et ses enfants, dans les coteaux de Chatillon St Jean. Il était veuf très jeune et Tante Marie a élevé ses frères jumeaux  Louis et Samuel et sa sœur Joséphine, dite Fifi qui est devenue une couturière très cotée à Romans où elle était avec son mari Albert TRAVERSIER d'une famille de Péroux à Chatillon St Jean.


 

        Actes de mariage de Jean/Marie en 1880 et de Jules/Joséphine en 1912 (livrets de famille originaux détenus par Louis).



La descendance desFamille Fa La famille MARCOLest présentée à la fin de ce chapitre Bossan, grâce aux informations données par l'une de leur descendante Nicole Dubois-Chabert en septembre 2012.
 

BOSSAN Jules (1887-1977) né à  « la Garenne »  Chatillon St Jean et FOREL Julie- Joséphine  son épouse (1889-1979) née à Saint  Alban d’Ay* (Ardèche), mariés le 16 novembre 1912 à St Alban d’Ay, parents de Louis et de ses 7 frères et sœur.

     
                                      L’église de saint Alban d’AY (photo Monique 2015)
 
 

                   -Rencontre : elle s’est produite dans une maison bourgeoise à Montélimar, où Jules était valet de chambre et Joséphine cuisinière.

                 - après  leur mariage, ils ont d’abord habité à Aouste/Sye (Drome) chez un « gros »minotier,  Girardon, ami du président de la République Emile Loubet (1899/1906) ;  Joséphine a eu l’occasion de préparer des repas présidentiels, que Jules servait, lors de ses visites à son ami après que Loubet ait laissé la place ; « il fallait utiliser le livre des recettes exceptionnelles, je préférais la cuisine plus simple » (témoignage Paul).  Après la Guerre de 14-18,  ils ont habité à « La Garenne », partageant leur maison avec  les parents de Jules et leurs propres enfants. Puis en 1940, ils ont acheté Baleyzard*.

        - Jules est né dans la maison de La Garenne. Il a fait la guerre de 1914-1918*, n’étant libéré qu’en mars 1919, comme 50 000 autres drômois mobilisés au cours des cinq années !! Au total, entre service militaire et guerre, Jules passera 7,5 ans sous les drapeaux !!!   

                                                    

1908, Jules en grand uniforme du 52° de Montélimar. Sur ses genoux, la baïonnette « Rosalie » de 1892 (précision apportée par Gilbert). Cor de chasse emblème des chasseurs à pied.  Paul : « je ne connaissais pas cette photo, Jules ne l’avait jamais montrée, mais c’est bien mon père ».    

            
 

              Fiche descriptive de Jules faite par  l’armée, Archives Départementales    Drome.réf.5R7/613.Volume2.   (Reproduit par Jean-Marc et Monique).

En 1914, son régiment  -le 52° Régiment d’Infanterie de Montélimar puis de Romans-  a combattu dans les Vosges (Raon, La Mortagne, col du Bonhomme) puis en 1915 a participé dans la Somme à l’offensive de Champagne et à Verdun. Puis il a changé de régiment.

1914-1918, bataille de la Cote 193 auquel a participé le 52°régiment d’infanterie de Jules Bossan

-        Journal de Marche du 52eme Régiment d’Infanterie du 25 Septembre 1915 - Bataille de la Marne - (Document propriété du Ministère de la Défense et consultable en entier sur http://www.jmo.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/)(Source Internet: «pages 14-18.com/pagesHistoire/HistoriqueFr/infanterie4.htm)

-        « 25 Septembre 1915, le régiment part dans la nuit pour occuper son secteur d’attaque. Départ 1h30 sous le commandement du Sous Lieutenant Confortini. Arrivée vers (6h) 30 : Le lieutenant Colonel Roussel reprend le commandement du régiment.

-        Dispositif : 2 Bataillons en première ligne, 2eme à droite, 3eme à gauche, 1er bataillon en réserve. Chaque bataillon en colonne double formant vague, tout le dispositif devant s’ébranler à la fois à 9h15

-        Front du régiment : 180 m entre les entonnoirs 83 et 86 de la tranchée du Rhin - Des gradins de franchissement avaient été prévus dans les premiers parallèles et des ponts légers placés sur les sapes X et V et leur ramifications. La préparation d’artillerie commencée depuis 3 jours se termine par un redoublement d’activité. A 9h 15 sur toute la ligne, les clairons sonnent la charge, la musique du régiment massée dans la 3eme parallèle joue la Marseillaise et le régiment d’un seul bloc débouche en trombe drapeau déployé dans les lignes ennemies.

-        Les premières lignes allemandes (Tranchée du Rhin et du Danube) absolument bouleversées par notre bombardement sont franchies sans encombres et presque sans pertes et leurs défenseurs sont mis hors de combat par les équipes de nettoyeurs. La grande organisation de 2eme ligne (tranchée d’York) n’offre absolument aucune résistance. Par l’impétuosité de son mouvement, le régiment échappe aux tirs de barrage de l’artillerie allemande ; il fonce résolument vers le nord pendant que le 415eme régiment d’infanterie qui a débouché derrière lui se répand sur sa gauche jusqu’à proximité du trou Bricot. La progression du régiment se poursuit sans rencontrer de résistance sérieuse de la part de l’infanterie ennemie dans la zone des batteries de 1ere ligne - Ces batteries opposent à notre mouvement un feu peu efficace quoique nourri.

-        Le régiment en avance sur l’horaire, arrêté en accord avec les batteries chargées de l’appuyer, est contraint à de nombreuses reprises de faire allonger le tir du 75 qui parfois gêne nos troupes. Deux batteries de campagne et une batterie de 105 sont enlevées à la baïonnette. Le régiment fait d’assez nombreux prisonniers.

-        La progression continue encore, aussi rapide jusqu’à la voie ferrée du Decauville qui est dépassée. Le régiment s’empare sans difficultés d’une autre batterie et d’une batterie lourde et s’engage sur les pentes de la côte 193. La il se heurte à une organisation défensive ripostant des tranchées de la butte de Souain et tranchée de la Vistule, armée de mitrailleuses. Les fantassins allemands ressaisis fusillent nos hommes. Une batterie ennemie tirant du nord-ouest exécute des tirs de barrage dans le vallon sud du 193. Les troupes de gauche retardées dans leur mouvement par l’organisation du trou Bricot, celles de droite par le point d’appui du trou de Tahure nous laissent en saillant sur la ligne de combat. Cependant la progression est sur le point de s’organiser par la droite (vallon du decauville) lorsque l’ordre arrive de l’arrêter et de conserver le terrain conquis.

-        Le régiment a avancé de 4 km en moins de 2 heures - Il s’établit sur la côte 193 et organise la position en creusant des tranchées ».

Cette note précise qu’il n’a pas été possible de compter les pertes humaines…

 

Enfin, Jules a été blessé le 17 avril 1918 par une ruade de cheval !

  

 

Ajout 2010. Carte adressée par Jules à sa famille le 9 avril 1915. Le service photographique des armées tirait les portraits. Jules est donc dans ce groupe de soldats. Mais lequel ? (archives Louis).

  
       

 « Le 3 mars 2010,  ODILE BOSSAN <obossan@club-internet.fr> a écrit : Bien lu et regardé la photo. Sous toutes réserves, Paul pense que son père Jules est la 3ème à partir de gauche, à la 2ème rangée à partir du bas. Il a donc des moustaches remontantes et la barbe, des yeux perçants, pas de veste à boutons mais une tunique ou pull ras le cou".
 

François : «son voisin de Triors Jules Astier était dans le même régiment que lui mais en ligne, ce qui était plus que dangereux, alors que mon père servait une mitrailleuse. Leur capitaine était également de Romans. Dès qu’il l’a pu – c'est-à-dire quand les soldats concernés ont été tués- il a affecté Astier à un autre poste de mitrailleur, moins exposé. Quelques jours plus tard, Astier a été tué par un obus allemand ».
 

Jules est revenu à la fin de la guerre en 1919 pour enterrer son père et l’une de ses sœurs décédée de la grippe espagnole. Quatre de ses cousins germains (Jean-Joseph-marié en 1913- et Régis Bossan; Régis et Adolphe Manin; voir glossaire 14-18) ont été tués sur le front en 1914, 15 et 16. François : «  la guerre, ma t-on-dit, a transformé mon père qui avant était fragile, doux et qui après était dur et endurci ».

Paul et François, témoignage 2012: "le frère ainé de Jules est décédé d'une maladie en 1918; son autre frère Paul (Paulus) est rentré gravement gazé de la guerre 14-18, avec un poumon en moins. Aussi, Jules a du abandonner son métier de valet de chambre et reprendre la ferme familiale.

 Les terres agricoles étaient alors toutes en friche, car aucun homme n’avait pu travailler la terre pendant la  « Grande Guerre ». La vie était alors misérable. Jules est devenu à son tour granger de la maison JUBERT à Chatillon St Jean (bien plus tard, dans les années 1985/1990, Monique rencontrera un fils de cette famille, aumônier jésuite du lycée Gay-Lussac de Limoges où Karine et Xavier étaient élèves).

Ci-après, le contrat de 1917 entre Jules et Charles Jubert. Seules deux des quatre pages du contrat sont reproduites.  Le prix du bail a été « fixé à la somme de trois mille six cent francs par an que le fermier s’engage à payer en deux règlements égaux, les premier Novembre et premier Mai de chaque année… Bail consenti pour une durée de 12 ans… »…








Jusqu’en 1928, Jules exploitait une portion de terre de 8 hectares mais il cherchait une ferme plus grande. Il avait signé un compromis pour acheter une ferme du château de Triors et il avait payé le tirage de la ligne électrique quand il s’est désisté. La Comtesse a finit par lui rendre l’argent investit.  Jubert fils n’était pas très doué pour l’activité agricole. Son père, qui était un brave homme, ne voulait pas que Jules quitte l’exploitation car elle aurait périclitée; mais quand Jules lui a dit « je crève de faim, et ma famille avec moi», il lui a donné en exploitation 21 hectares de terre et lui a signé un contrat de fermier, bien plus favorable que celui de granger.
Paul « Puis il s’est installé à Baleyzard* mais la première année en 1941 fut difficile car à cause de la sécheresse les semailles n’ont pas été possibles, elles n’ont pu être faites qu’à la Toussaint ».  En 1932, l’exploitation a permis de produire 320 hectolitres de vins. Il avait 4 chevaux, 5 vaches laitières, 5 ou 6 cochons dont 3 vendus chaque année et il faisait de la polyculture (blé, betteraves à sucre, patates). La vie était devenue meilleure, même si la journée de travail s’étalait de 4 h du matin à 22h !  En 1943, il obtient de la comtesse de Triors de nouvelles terres à exploiter (contrat ci-après).                                                                                                            



François : « le rendement du blé était faible, 10 quintaux à l’hectare, sans engrais ni machine ». Coco : « Jules et ses deux fils perdaient beaucoup de temps pour aller des maisons à leurs champs, avec les chars tirés par les chevaux et puis il fallait remonter à Baleyzard. S’il avait eu le choix, mon père Jean aurait préféré avoir un autre travail, il avait pendant quelques temps fait chauffeur pour livrer des fruits dans le sud et ça lui plaisait plus que la ferme ».

 Jules a été conseillé  municipal de Triors de 1945 à 1952, avec une réélection en octobre 1947.                    
                      
Cyrille-Eloi Tardy introduit le nouveau conseil municipal de Triors, dont fait partie Jules Bossan, en 1945.

Paul : « les élections municipales de Triors à la Libération ont été mouvementées, avec la peur des communistes ».

 

                               

 

 

                                                                                                                                                                                                                                      

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