Chapitre complétant les vies de Louise-Emilie PIC épouse TARDY, de sa maman et de ses ancêtres, par Monique et Jean-Marc DELPORTE, 2011 :
1. Histoires d’Elise et Louise-Emilie ;
2. Généalogie des Pic ;
3. Compléments d’enquête : les Pic étaient ils protestants ? Actes de la vie avant 1800.
                  
                1.   HISTOIRES de ELISE et LOUISE-EMILIE PIC
Lors de l’écriture du tome 1 de notre Chronique en 2009 (voir page 6), nous avions peu d’informations sur Louise-Emilie PIC épouse de Cyrille-Joseph TARDY en 1885. Nous savions ce qu’en a alors dit Emile Tardy, son petit-fils : « ma grand-mère est née à Die ; sa mère Elise était une célibataire de 26 ans. Elle l’abandonnera à l’âge de 7 ans car elle n’avait pas les moyens de l’élever. Elise a ensuite, mariée, habité  à Chatillon en Diois. Sur son lit de mort, elle dira à une autre de ses filles issue de son mariage : tu as une sœur habitant à Triors. Et cette sœur est venue à Triors faire connaissance de Louise-Emilie ».
Nous avons voulu approfondir cette histoire et essayer d’en savoir un peu plus. Mais comment faire ? Nous ne suivrons pas l’ordre chronologique mais celui entrainé par notre démarche au fil des naissances, mariages, décès et tout autre document qui apportera telle ou telle information, donc avec des allers/retours dans le temps parmi nos ancêtres. L’essentiel de la démarche généalogique est faite sur le site Internet des Archives de la Drome, qui permet de chercher les actes d’Etat-Civil avec rapidité et de les reproduire facilement. Et des déplacements sur les lieux de vie de ces ancêtres et aux Archives à Valence apporteront peut-être d’autres informations utiles. Espérons que le lecteur s’y retrouvera !
Mais la recherche a été ardue car la famille PIC utilisait toujours les mêmes prénoms, avec notamment un nombre important de cousins/oncles prénommés Daniel et nés avec peu d’écart…Donc pour s’assurer de la généalogie, il faut trouver l’épouse et mère des enfants, en évitant ensuite les erreurs dues au fait que leurs enfants sont également prénommés pareil (2 Daniel ont eu chacun une Catherine)!!! Ou que certains utilisent deux prénoms ! Et puis surgira un problème de religion qui rendra encore plus complexe cette recherche…


                                   

                                     Signatures de plusieurs PIC sur un acte de l’An X.
 
 
-        D’abord nous reporter à l’acte de naissance de Louise-Emilie car ce document apporte toujours des informations sur les parents du nouveau-né, soit le 8 septembre 1858 à Die, dans la maison d’une accoucheuse.

                                            
  

                               Maison natale ? d’Emilie- Louise, rue du marché. Photo Mo/2011.

                                                 
                                                              Rue du marché à Die en 1865
 « Rosalie Eugénie Cassan, sage-femme, est née à Mirabel (Nyons) en 1829; décédée à Die à 56 ans, a épousé à Die Laurent Adolphe  Giralt né à Lus la Croix Haute, clerc d'avoué, fondé de pouvoir à la recette des finances, propriétaire  d'une maison rue du Marché. Elise Pic ne connaît personne sur Die, car elle y habite seulement depuis 1 mois ; les témoins de la naissance sont réquisitionnés par l'officier d'état civil car ce sont deux employés communaux. Elise a peut-être dû travailler quelques temps pour la famille Giralt pour rembourser les frais » (source, conservateur Musée de Die, J. Planchon, courriel du 17/03/2011).



Bingo : Elise se déclare mère célibataire et fille naturelle. Autre fait exceptionnel car jamais lu à ce jour après plusieurs centaines de lecture d’actes de naissance : Elise est partie un mois avant l’accouchement, a quitté Beaurières pour Die où est née son enfant dans la maison d’une accoucheuse, Mde Eugénie Casson femme Giralt. Alors que les naissances se passaient toujours dans la maison familiale !      Nous découvrons ainsi où est née sa mère ; c’est à Beaurières, Drome. Cet acte permet de déterminer également la date de naissance de sa mère, estimée entre 1831 et 1833 car il est écrit qu’elle a 26 ans à la naissance de sa fille.
 
                    BEAURIERES ? C’est où ? Petite commune de la Drôme située au fond d'une vallée et traversée par la route du col de Cabre qui relie Valence et Die aux Hautes-Alpes et au Briançonnais vers l'Italie, Beaurières ne compte que 90 habitants permanents, un peu plus en été, pour une superficie de 2 458 hectares. Deux cours d’eau se rejoignent en aval du village, le Maravel et Chauranne qui trouve sa source dans les contreforts du col de Cabre. Le relief de cette commune est accidenté, et compte plus de pentes que de plaines. Deux édifices religieux : un temple protestant en son centre, construit par le pasteur Roman ; une église catholique à l'extérieur. Beaurières sonne deux fois l'heure : une fois avec la cloche du temple, et une fois avec celle de l'église.


                
                        Rue principale et temple de Beaurières, photos 2011 



-        Deuxième recherche pour trouver l’acte de naissance de Elise, à Beaurières, ses origines devraient être indiquées.
Trouvée ? En 1833.


Dans les registres d’Etat-Civil de Beaurières, nous découvrons plusieurs enfants de sexe féminin nées autour de 1815/1835, mais une seule enfant naturelle est déclarée, en l’occurrence par son grand-père Daniel Pic : il s’agit de Catherine Pic, fille d’une Catherine dont l’âge n’est pas précisé. Cette Catherine de 1833 est elle devenue ensuite Elise ??? Car aucune Elise n’est signalée dans les registres.

 
-        Troisième recherche. Catherine, la maman de cette Catherine est née à Beaurières, probablement entre 1810/1813. Son acte de naissance peut il nous apporter d’autres informations ?


Cet acte confirme qu’elle est la fille de Daniel Pic et Louise Vallon, qui se sont mariés en 1806 à Beaurières et ont eu au moins 5 enfants. Catherine, née en 1810, avait donc 23 ans quand sa propre fille Catherine est née ! Les témoins de sa naissance sont Daniel Pic (né en 1777) et Jean Payan, cousin et oncle du papa Daniel. Et le prénom du grand-père coïncide tout à fait : la piste est bonne.
L’évolution démographique de Beaurières témoigne  de deux faits essentiels: population de 339 hbts en 1911 et de 93 hbts en 2006. Effondrement de la population en moins d'un siècle, divisée par 5 de 1911 à 1999. En effet, il faut savoir aussi qu'au tournant du XIX° la population était d'environ le double (soit 600 hbts) de ce qu'elle devint dans la première moitié du xx°.  C’est aussi un témoignage de ces données sur les conditions de vie passées.                                   Ce qui pose un problème simple, sachant que très peu de bâtiments ont disparu : où donc vivaient les gens ? La réponse est dans le même ordre de simplicité: ils vivaient dans les maisons actuelles. Ce qui implique qu'ils vivaient entassés à l'extrême (source Wikipedia).
 
-        Quatrième recherche pour découvrir l’acte de mariage de Louise-Emilie qui peut apporter de nouveaux éléments sur ses parents. En 1885 à saint Laurent d’Onay.



Dans cet acte, nous apprenons que sa mère Elise a un domicile toujours inconnu de l’Administration ! Et également que Louise-Emilie a été élève de l’Hospice Civil de Romans. Il faut absolument lever cette hypothèque sur les prénoms d’Elise !
 
-        Cinquième recherche sur le mariage de Catherine alias Elise, si c’est bien la même jeune femme ? Un autre indice fourni par Emile Tardy : « ma grand-mère Elise s’était mariée avec un certain Lanthaume ». Comment faire ? Se serait-elle malgré tout mariée à Beaurières ? Un changement de prénom n’aurait il pas été décidé par la famille pour préserver un futur mariage ? Au contraire, n’aurait elle pas fuit sa famille pour partir vivre ailleurs avec son enfant ? C’est le plus facile, Beaurières est un petit village, la recherche n’y sera pas longue. Si elle ne s’y est pas mariée, tant pis, la piste s’arrêtera là ! Et…… registre de 1859, un an après la naissance de Louise-Emilie, nous découvrons ceci :


Mariage d’une Catherine PIC avec Jean Lantaume (écrit également Lanthaume dans l’acte), né en 1808 ; la mention en marge de l’acte porte le prénom Elise ! Et le « Catherine » de la table alphabétique des mariages de l’année a été surchargée. Catherine et Elise sont bien une seule et même jeune femme. 

 
                 Extrait de l'acte de mariage de 1859, Archives de la Drome.
 
 L’époux de Catherine/Elise, Jean Lantheaume, habite Aucelon, Drome, où il est cultivateur et il est âgé de 51 ans ; ses parents sont feu Pierre Lanthaume décédé à Aucelon en 1828 et défunte Suzanne Chauvin décédée à Aucelon en 1822. Ils auront ensemble 7 enfants nés à Aucelon : Jeanne, Jean-Auguste, Pierre, Jean-Hyppolite, Auguste, Julie, Louise. Louise ne vivra que 2 ans, Jean Lantheaume a alors 67 ans et « Catherine/Elise/ Lise » PIC 41 ans. En effet, dans tous les actes de naissance de ses enfants, notre Elise est devenue Lise !!! Souhait de brouiller les traces ? D’effacer le passé ? Pourtant Lise a appelé sa dernière fille Louise, comme sa première fille…..et comme sa propre grand-mère ! Lors de son décès en 1889, à 81 ans, l’acte de décès inscrira comme prénom de son mari Jean-Pierre Lanthaume.

                              




Aucelon fut l’endroit rêvé pour les assemblées du désert, lors de la Réforme Protestante. Ses nombreux vestiges de sépultures et cimetières familiaux témoignent de cette histoire.
Mr Vittot, instituteur d’Aucelon, écrit le 12 décembre 1893 : « La commune, entourée par de hautes montagnes, ne possède que de mauvaises voies de communication. Elle n’est reliée aux communes voisines que par des sentiers impraticables pendant l’hiver et la saison des pluies […] Les habitants de cette localité semblent, à cause de leurs relations difficiles avec les pays voisins, êtres restés étrangers à la civilisation moderne. Tout y est, à vrai dire, à l’état primitif ».


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                      Le temple/mairie d’Aucelon, photos Mo/2011.                
En 1888, leur fille Julie épousera un certain Pierre Fasoletti, 24 ans, suisse né à Toricella. Emile Tardy : « nous allions voir cette famille de ma grand-mère, ils s’appelaient Feysse et ça nous faisait rire ». Le nom Fasoletti, a du être francisé entre temps…
 
Décès d’Elise née PIC ? Nous écrivons à la mairie d’Aucelon en février 2011 pour obtenir ce renseignement. La réponse nous informe qu’elle est décédée en 1913 âgée de 81 ans. Seul doute, son prénom est alors Louise…Mais les recensements de 1861 et 1866 (voir plus loin dans le texte) montrent que cette famille utilise plusieurs prénoms, Louise de 1861 redevenant Lise en 1866 ! (agent recenseur dur d’oreille ou mauvais prononciation par le mari ? car les prénoms du mari et des enfants restent les mêmes).
                                                                           
-        Sixième découverte  dans l’acte de mariage d’Elise en 1859 : sa mère Catherine PIC s’est mariée avec Jacques Morin cultivateur à Chatillon en Diois (acte mariage de 1838 à Beaurières) ; Catherine donne son accord au mariage de sa fille par procuration, et elle déclare avoir 49 ans. Tous ces éléments confirment la ligne de filiation !


                        Chatillon en Diois, phooto 2011/JMD



-        Septième recherche. Et Louise-Emilie pendant son enfance ? N’aurait elle pas été abandonnée dès la naissance, contrairement aux dires de l’histoire familiale ? Elle était élève de l’Hospices Civil de Romans (cf. son acte de mariage) ? C’est la piste à explorer pour savoir qu’elle enfance elle a pu réellement avoir…
Nous nous rendons en janvier2011 aux Archives de Romans où nous consultons les registres «entrée et sortie des enfants de 1864 à 1868 », «enfants abandonnés 1818 à 1864 » et « placements des enfants abandonnés 1865 à1887 ». Mais nous ne trouvons pas de trace de l’aïeule…Les Archives de Romans ne détiennent pas de registre sur les enfants à l’école de l’Hospice. Une archiviste nous dit que l’école de Hospice signifie seulement que l’enfant ou l’adolescent concerné travaille dans une famille d’accueil, l’Hospice n’a pas d’école ! Quoiqu’il en soit Louise-Emilie n’est pas enregistrée dans les Archives de Romans.
 
Nous nous rendons ensuite aux Archives de la Drome et là, après quelques recherches infructueuses car le registre des enfants abandonnés de 1858 à 1861 est perdu, nous trouvons le registre X Sup 442 « Enfants assistés née entre 1858-1862, placements des élèves ». Et avec le matricule 6587, sous nos yeux, la fiche de renseignement concernant Louis-Emilie : 
«Placée le 1/7/1865 (à 7 ans !) chez Rosalie Brun et son époux Ferdinand Tatin à Onay ». (Onay est l’ancien nom de Saint Laurent d’Onay). La fiche de renseignement établie par l’Administration apporte les éléments suivants : « 1873 : Domestique. Bonne constitution. Sait lire et écrire parfaitement. N’a jamais quitté ses « gardiens ( ?) ». Se conduit bien. Employée aux travaux du ménage. Ne gagne que 85 francs par an. Cette somme est insuffisante. Le 21/8/1873, lettre au maire d’Onay à ce sujet. Ses gages sont augmentés en 1874.   1874 : toujours bien soignée. 100 francs de gages par an. Bon caractère et bonne conduite.   1875 et 1876 : même situation. 1877 (elle a 19 ans !) : dégage des étrennes. Toujours gentille et laborieuse. Bonne conduite. Excellent placement.   1878 : bon placement. Même situation. 200 francs de gages et 60 placés à la caisse d’épargne. » La fiche précise qu’elle n’a pas été réclamée par ses parents pendant la période.
 
Mais quid de ses 7 premières années ?
Nous prenons des contacts avec :
-         La DDASS de la Drome qui peut avoir les dossiers des enfants abandonnés : réponse par courriel le 19 janvier 2011, pas de dossier.
-         avec les Archives de Crest où était installé un orphelinat pour les enfants abandonnés protestants : il y a une liste mais pas de Louise-Emilie sur cette liste.
-        avec la paroisse réformée de Beaurières pour savoir si des archives sont conservées quelque part : a priori, non.
-        Avec la société de l’Histoire du Protestantisme français à Paris : rien.
Pas de trace, nulle part, du placement de Louise-Emilie dans une quelconque famille ou institution !
       Alors, nous approfondissons encore la généalogie des filles Pic pour trouver une autre réponse, qui s’appuie sur la déclaration d’Emile Tardy : « ma grand-mère a été abandonnée à l’âge de 7 ans ». Notre raisonnement est le suivant : Elise s’étant mariée en 1859, l’année d’après la naissance de Louise-Emilie, elle n’aurait pas gardé sa fille pour s’en séparer 6 ans après, d’autant que parmi les enfants issus de son mariage, 2 sont décédés dans leur première année. Notre hypothèse : Elise s’est séparée de sa fille à la naissance. Les recensements de 1861 et 1866 à Aucelon (Archives Drome 2MI 2847/R1) confirment cette intuition : Louise-Emilie ne vit pas avec sa mère, le foyer calviniste de Jean Lantheaume ne comprend pas de Louise-Emilie.
 Par contre la grand-mère Catherine, habitant à Chatillon en Diois, pas trop loin d’Aucelon, avait perdu son fils ainé Jacques, âgé de 5 ans, en 1853. Aurait-elle pu récupérer sa petite fille née en 1858 ? Nous retrouvons sa date de décès à Chatillon en Diois : 1865. A ce moment là, Louise-Emilie a 7 ans. Et cela coïncide avec l’âge de son placement 
En l’absence d’autres éléments (dans des archives familiales ?) c’est l’hypothèse que nous retiendrons : Louise-Emilie a sans doute passée ses 7 premières années avec sa grand-mère, à Chatillon en Diois, où elle a appris à lire et écrire pendant cette période. Le recensement de 1861 à Chatillon en Diois ne fait cependant pas apparaitre la petite fille dans le foyer protestant de Morin Jacques (Archives Drome 6M241).



Sa grand-mère Catherine (fille de Daniel et Louise) a également modifié son prénom mais c’est bien celle qui est née en 1811 et s’est mariée en 1838 ! Et lors du recensement de 1866 Catherine/Louise n’apparait plus dans le foyer Morin (décédée en 1865).  
Louise-Emilie est par contre bien citée lors du recensement de 1866 dans le foyer de Ferdinand Tatin à St Laurent d’Onay (Archives Drome 6M444), où elle est indiquée « enfant trouvé ».





Le mystère du passage de Louise-Emilie à l’âge de 7 ans:
-         du Diois à la Drome des Collines,
-        d’une famille calviniste à une famille catholique…
                                                    reste entier !





Louise-Emilie et Cyrille-Joseph en 1910

Ajout 2012. Une piste ? Des Lantheaume habitaient à Romans et à Crépol dans la deuxième partie du XIX° siècle. Notamment une fille Marie-Françoise née à Crépol  et mariée en 1852 à un Marcol. Ils connaissaient probablement des Lantheaume du Diois. Crépol étant tout proche de St Laurent d’Onay, ils connaissaient également sans doute la famille Tatin. Le placement de la petite Louise-Emilie aurait ainsi pu répondre aux besoins de deux familles proches.

 


GENEALOGIE de Louise-Emilie PIC épouse Cyrille-Joseph TARDY

Pierre PIC (né vers 1670)), épx Judith Isnard, est il le père de Daniel ?
Enfants : Suzanne (née 1708), Salomon (1710-1729), d’autres???
 
Les enfants protestants ne sont pas toujours baptisés au début des années 1700…Dans les années 1700, les protestants ne s’enregistrent presque jamais à l’église pour leur mariage. Les filiations exactes sont donc difficiles à établir.
Un Daniel Pic est recensé dans les réfugiés des Pays-Bas au 17° siècle (source : Lettre du 20/01/2011, Sté Histoire du Protestantisme Français)
 
 
Daniel PIC (1720-1776) épouse avant 1741 Magdeleine HUGUES de Beaurières. Mais pas d’acte de mariage.
Leurs enfants : Daniel (1741), Jeanne-Marie (1743), Jean-David (1746), Jean(1749), Jacques (1751).
 
Daniel fils est témoin du décès, hors église, de son père Daniel en 1776.
Claude Pic (1677-1737) épx Marguerite Marin -avec un fils Daniel né en 1714- est probablement un oncle de notre Daniel né en 1720. Le Daniel Pic né en 1714 est il celui décédé en 1767 épx Jeanne Marin (leurs enfants : Marguerite, Claude, Pierre) ? Son neveu Daniel est témoin du décès d’un Claude en 1764.
 
 
 
Daniel Pic (né en 1741- ?) épouse en avril 1768 Suzanne NOYER née à Ravel; le pasteur Marcel enregistre leur mariage. Ils apparaissent dans l’acte de mariage de leur fils Daniel.
 
Mariage réhabilité dans les actes d’Etat-Civil en 1788 (suite Edit Tolérance de 1787).
Leurs enfants : Catherine(1775) épse Mey, Daniel (1778), ?
 
Daniel Pic (1778-1849) à Beaurières, épouse Louise VALLON (1779- ?) en 1806 à Beaurières. Mariage enregistré chez M°Payan notaire de Beaurières le 9 mars 1806 ; le prénom du marié est alors Jean-Daniel.
Leurs enfants : Catherine (1810) ; Jean qui sera légionnaire, décédé à l’hôpital militaire de Toulon en 1835 à 22 ans ; Suzanne, Daniel (1809).
 
 

 

Catherine leur fille, née à Beaurières en 1810,
Décédée en 1865.
Elle épousera en 1838 à Beaurières Jacques Morin (qui a 30 ans) et vivront à Chatillon en Diois. Enfants : Elisabeth (1844- ?), Jacques (1848-1853), Pierre (1851- ?)
 
Catherine sa fille née en 1833 à Beaurières de père inconnu.
Décédée en 1913.
Déclaration de naissance faite par le grand-père Daniel, 55 ans en 1833. Catherine/Elise épousera à Beaurières en 1859 Jean Lanthaume et vivront à Aucelon. 7 enfants.
 
Louise-Emilie née en 1858 à Die de père inconnu. Sa mère Catherine se fait prénommer Elise sur l’acte de naissance.
Louise-Emilie a 7 ans quand décède sa grand-mère Catherine en 1865.
Elle est placée en 1865 dans la famille Tatin à Onay.
 
Louise-Emilie épouse Cyrille-Joseph TARDY en 1885, à Saint Laurent d’Onay. Elle décède en 1931.
Enfants : Elise-Maria, Cyrille-Eloi, Berthe.
                       
Cyrille-Eloi épouse Clémence AGERON en 1920 à Montmiral.
Enfants : Lucette, Emile, Georges, Geneviève, Gérard.


                

                                Autre vue de Beaurières, village d’origine des PIC. Photo 2011/jmd.




         



                       Pérégrinations de Catherine, Catherine/Elise et Louise-Emilie PIC dans le Diois.










                      3. COMPLEMENT D’ENQUETE SUR LES PIC.
Les PIC étaient-ils catholiques ou protestants ?

En recherchant les ancêtres de Louise-Emilie, nous avons été confrontés à une nouvelle problématique : les actes de baptême et de mariage entre 1700 et 1800 à Beaurières étaient rares, certaines indications étaient incongrues dans les actes de décès avec des mentions « hors de l’église ». D’autre part les villages où ont vécus les PIC au cours des années 1700 et 1800 avaient tous un temple. Donc il y a une équation religieuse dans cet environnement.
Nous découvrons très vite que le Diois était un « fief » protestant.
-        Dans le livre de R Serres « le village de Grane, Drome », nous lisons ceci : «La moitié des protestants de la Drome habitaient le Diois…L’enregistrement des actes d’Etat-Civil redevient le monopole des curés à partir de 1685, après la révocation de l’édit de Nantes. Les « convertis » sont contraints d’accepter le passage devant le prêtre ou sont rejeté de la société. Ils doivent se plier aux obligations rituelles. Mais les conversions restent parfois théoriques. ». 
-        Interview de Pierre Bolle dans ‘Kaele Magazine’ de mai 2008 : « 95% des habitants de Die étaient protestants ».
-        Musée du Désert à Mialet, Gard : « Dans l’Histoire du protestantisme français, l’expression Désert définit une période qui s’étend de la Révocation de l’Edit de Nantes (1685) à la Révolution Française (1789). Privés alors de liberté de culte, c’est loin des villes, cachés dans les endroits isolés, déserts (dans les forêts, les garrigues, les grottes ou les ravins…), que les protestants de France (en Cévennes, mais aussi en Haut-Languedoc, Dauphiné, Vivarais…) furent obligés de vivre clandestinement leur foi ».
                                 
                         
                                Louis XIV révoquant l’Edit de Nantes, gravure 1686.

-        A Beaurières, les fiches d’Etat-Civil concernant des Pic sont éloquentes: « en 1729, décès de Salomon Pic, hors communion de l’église » ; « en 1744, décès de Pierre Pic, de Furcinet, hameau de Beaurières, décédé hors la communion de l’église, enterré à la campagne ». Il y a également un « Mortuaire de Claude PIC, décédé hors de l’église en 1764, travailleur de terre, enseveli aux Champs le lendemain de son décès à environ 60 ans, ainsi que le déclare Daniel PIC son neveu ». Une autre fiche sur un Pierre PIC, décédé en 1780 : « décès du fils de Pierre et de feu Françoise Correard du lieu de Furcinet et le lendemain a été enseveli aux Champs, hors de la communion de l’église ». Mais on trouve en 1740 son « baptême de Pierre Pic, fils de Pierre et Françoise ». Autre illustration de la « double vie » : en 1773 « est décédée Marie Pic, fille naturelle de Daniel Pic, fermier du château de Beaurières et de feu Anne Noyer( ?), a été ensevelie dans le cimetière paroissial ». Mais en 1775 : « est décédé hors de l’église, Daniel Pic, fermier du château de Beaurières et y habitait. Il a été enseveli aux Champs le lendemain, âgé de 60 ans ». En fait, dans les registres de 1700 à 1770, nous constatons que la plupart des décédés de Beaurières sont ensépulturés hors de l’église et du cimetière catholique… mais tous les enfants sont baptisés...et il n’y a pratiquement pas de mariages enregistrés.
       
-        Musée du Désert à Mialet: « Beaucoup de protestants se refusent à faire baptiser leurs enfants ou à célébrer un mariage devant le curé de la paroisse. Ce serait affirmer l’appartenance à une doctrine qu’ils rejettent. Les baptêmes, les mariages vont être célébrés par les pasteurs itinérants, "au Désert". Ils seront inscrits sur des registres sans aucune valeur légale, mais pièce à conviction mortelle pour qui les détient. Des extraits sont libellés sur de petits billets, ou sur les pages des bibles familiales. Pour marquer une union, les couples ont souvent recours au notaire qui enregistre la promesse de mariage. Quelques protestants vont quand même voir le curé qui célèbre le baptême ou le mariage, donnant une existence légale à l’enfant ou au couple, puis ils iront dans une assemblée clandestine où le pasteur officiera selon "la discipline des églises réformées. Il faut attendre novembre 1787 pour que Louis XVI signe l’Edit de Tolérance. Il apporte aux protestants la reconnaissance d’une existence légale. Pour ce faire l’Etat-civil devient pour eux laïque, prémices de l’organisation post-révolutionnaire. Les protestants peuvent faire enregistrer leur état-civil clandestin en montrant leurs documents jusque là sans valeur légale ».
L’enregistrement du mariage de Daniel Pic et Suzanne Noyer en 1788 a suivi ce parcours.

                
                                

   « Les protestants dans la Drome, familles protestantes en France  du 16° siècle à 1792 » chapitre Drome rédigé par Michelle Nathan-Tillay, directrice Archives de la Drome, édition Archives Nationales 1987. « La révocation de l’édit de Nantes provoqua l’émigration de la minorité commerçante et l’abjuration, de façade, de beaucoup de fidèles. La célébration du culte continua cependant, dans la clandestinité, sous la présidence de laïques que vinrent ensuite remplacer des pasteurs itinérants venus du Vivarais et de Suisse (pasteurs Reboul et Clauzel). Ils purent maintenir tant bien que mal les assemblées du Désert. La seconde moitié du XVII° siècle vit un très net apaisement ; les dragonnades cessèrent dès 1765. En outre le bas clergé, en conflit avec les autorités religieuses, adopta une attitude beaucoup moins rigoriste, sinon parfois complaisante. Fortement implantée dans les montagnes du Diois et dans la vallée de la Drome, la communauté protestante de la Drome connaissait à la fin de l’Ancien Régime une paix de fait dont la liberté des cultes fit un était de droit ».
 
-        « Les Protestants dans le Bas-Diois », 2°édition 2010. Chapitre Aucelon : «en 1644, cette paroisse comptait une centaine de familles protestantes et seulement deux catholiques. Aucelon eut comme dernier seigneur la famille du fameux marquis de Condorcet. Au 19° siècle, le village fut l’un des centres des Réveils Protestants. Son temple, qui abrite aujourd’hui la mairie, est à l’origine d’un différent entre ses habitants et les grands pontes du protestantisme ; seuls 2 cultes y sont célébrés chaque année et il fait office le reste du temps de salle communale. La population du village a dut se battre pour le conserver et l’utiliser pour des manifestations autre que les cultes car c’est le seul lieu de vie ici. Aucelon comptait près de 500 habitants au début du 19° siècle… seuls sept habitants y vivent à temps complet en 2010, dont un boulanger !
 
-         Le nombre de signatures sur les registres que nous avons consulté est important pour l’époque, plus que dans les autres régions consultées par nous (Isère, Ardèche, Savoie) : hommes et femmes savent écrire et donc lire, ce qui est un signe d’implantation de la religion protestante qui a été en avance pour apprendre à lire et écrire à ses ouailles (voir livre E. Todd, « Après la démocratie », page 54).
 
-        Nous rencontrons à Beaurières, en janvier 2011 (grâce à l’intermédiation de la secrétaire de mairie), Maryse P. 80 ans, protestante : « Daniel est bien un prénom protestant, tout comme David, Jeanne, Catherine et en général les prénoms bibliques. Fourcinet, le hameau au dessus de notre village, était entièrement protestant. Il y avait une bonne intelligence entre les habitants, malgré leur religion différente. Les enfants apprenaient à lire dans la Bible. Après 1800, les mariages mixtes n’étaient pas rares ; c’était le cas pour des Pic. La sépulture des protestants se faisait sur une parcelle de leur terrain, ce sont des cimetières familiaux privés, dénommés suivant leur caractéristique ‘les champs, la vigne’, etc... En 2011, nos cimetières familiaux sont toujours utilisés ».


                                        
  
                                                    

                                   

                                  Hameau « protestant » du Fourcinet à Beaurières, photos 2011

Emile Tardy (témoignage mars 2011) : «Je savais qu’ils étaient protestants ; nous rendions visite de temps en temps à Chatillon à une tante. Nous allions à la messe de l’église le dimanche matin mais pas la famille de la tante qui allait au temple ».
Alors, quelle religion pour les PIC ?Les recensements de 1861 et 1866 à Beaurières, Aucelon et Chatillon en Diois indiquent qu’ils sont tous protestants/calvinistes. Par contre le placement de Louise-Emilie à St Laurent d’Onay la fait passer dans la religion catholique.



 


ACTES DE LA VIE à BEAURIERES DANS LES ANNEES 1700…. Nos recherches nous ont conduits à consulter de nombreux actes notariés réalisés « par devant le notaire royal de la vallée de Lorraine, soussigné maître Payan » (dossier Archives Drome 2E 5030). Si les Pic sont souvent concernés, d’autres habitants de Beaurières le sont également. Ces actes notariés permettent d’en connaître un peu plus sur l’environnement et la vie courant dans cette période vers 1775. Nul doute que nos autres familles drômoises de l’époque vivaient les mêmes circonstances.
-        Acte février 1775 : « furent présents Jean-David Marin…habitant à Beaurières, lequel de son gré reconnait et confesse devoir à Daniel Pic ménager demeurant au même lieu, et présent acceptant, la somme de 155 livres 4 sols, qu’il lui doit… d’argent de près et du blé… qu’il luy a délivré pour la subsistance de celle de sa famille…. Ledit Marin promet et s’oblige la payer audit dans l’année prochaine accompter de ce jour, avec intérêt à la Cotte vingtième qui ont cours ».
 
-        Acte mai 1775, 3 pages : « David Marin, fils à feu Jacques, travailleur, lequel de son plein gré… vend purement simplement et irrévocablement sans réserve ni retour à Jean-David Pic, fils à Daniel ménager habitant Beaurières, ci présent acceptant… La présente vente est faite moyennant le prix la somme de 112 livres. Ledit Morin… délègue ledit Pic à la payer à Jean Galland fils à feu Antoine et de défunte Madeleine Lagie ses père et mère originaires de Beaurières fabriquant de chapeaux résidant à la ville de Nîmes… la dite somme de 112 livres a été tout présentement payée par ledit Daniel Pic, acompte des droits du légitimaire qu’il doit à Jean-David Pic son fils… Fait et récité à B…dans le château du même lieu en présence de… ». Les 2 Pic ont signé l’acte.
 
 
-        Acte mai 1775 : « furent présents Pierre Isnard fils à feu Joseph travailleur de la terre en qualité de mary Le maître des droits de Louise Pic, fils à feu Pierre et de Judith Isnard, habitant à B, lequel de son gré reconnait et confesse avoir reçu de Pierre fils au feu Pierre, son beau-frère habitant au lieu dit Fourcinet… livres sur les droits légitimes qui avaient été constitué à ladite Louize Pic sa femme… »
 
-        Acte juin 1775 : « Gaspard Oddin père et fils ce dernier donataire du père ménager habitant à B, lesquels… vendent à Jean-David Pic fils à Daniel une terre située au terroir dudit B au Mas appelé Jacore… la somme de 78 livres ».
 
-        Acte septembre 1775 : « ont comparu Daniel Pic, fermier du seigneur Baron de Pounat de son château et domaine de B, âgé d’environ 60 ans, Jean Blain, JD Marin, Jh Rouvier… tous originaires et habitants du même lieu de Beaurières, lesquels de leurs grés certifient tous pour Vérité, alour qu’il appartiendra, qu’ils ont vu Mr Jh Bornand ancien procureur au Parlement de Grenoble … demoiselle Marguerite de Bandol sa veuve, posséder le domaine de B et ses dépendances…
 
-        Testament octobre 1775 : «présent Pierre Pic fils à feu Jean, journalier habitant au bas Chareur… de donner et léguer à  Anne Elizabeth Pic ses deux filles la somme de 300 livres à chacune… lorsqu’elles auront atteint l’âge de 25 ans, onguent qu’elles se marient ».
 
 
-        Mariage mars 1776, 4 pages : « Au nom du Dieu, fait amen, pardevant le notaire Royal de la Vallée de Lorraine, le 17 mars, furent présents Pierre Pic fils légitime de défunt Daniel Pic et de Magdeleine Gugnan ses père et mère habitant de B d’une part… de Madeleine Amand… habitante Fourcinet d’autre part… lesquelles parties de leur gré agissant et avoir ledit Pic du consentement de sa mère, de l’avis de David Pic son frère, de David Marin, de Jean-David Pic son frère, de J-D Listard son cousin…ont promis se prendre et épouser en légitime mariage aux formes ordinaires…ledit futur époux donne à la future épouse la somme de 166 livres 13 sols 4 deniers… Pour baguer le joyau ledit Pic futur époux donne à la future épouse la somme de 55 livres…qu’elle pourra disposer à ses plaisirs et volonté ».
               


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