AVANT DE PASSER AUX SOUVENIRS HISTORIQUES VECUS, UN PEU D’HISTOIRE DE CHAMBRES ENTRE 1700 Et 1870. (Extraits du livre de Michelle Perrot « Histoire de chambres » éditions du Seuil, 2009).

« Page 55 : La salle commune, intergénérationnelle, multifonctionnelle, formait pourtant l’horizon majoritaires des populations locales. En 1870, 70% des logements ruraux ne comportaient qu’une principale chambre à feu où tout et tous étaient rassemblés dans 30 à 40 mètres carrés. La cheminée était en effet l’élément essentiel dans ces demeures de plain-pied où le froid montait du sol et venait des courants d’air. En France, les portes ferment mal notait Mérimée.  Maison alpestre décrite par Elisée Reclus : la nuit, toutes les issues sont fermées, afin d’empêcher le froid du dehors de pénétrer dans la chambre : vieillards, père, mère, enfants, tous dorment dans une espèce d’armoire à étages où les rideaux sont fermés pendant le jour et où s’accumule, pendant le sommeil des nuits, un air épais bien plus impur encore que celui du reste de la cabane. Ailleurs, les paysans couchent tout habillés, à plus de deux par lit, partageant les puces et les poux des paillasses et des couettes vermineuses. Les lits ressemblent à des tas où l’on s’enfouit et dont on remplace rarement les draps.

Page 77 : les lits anciens étaient très larges pour admettre plus de monde, et très hauts, au point qu’on y grimpait, au besoin par un escabeau. On avait froid dans les lits bas, au ras du sol, signe de médiocre condition. Les sommiers à ressorts, vers 1840, produits de la révolution industrielle, ont remplacé les matelas accumulés qui juchaient la princesse au petit pois au sommet d’une pyramide.

Page 182 : l’accouchement était de loin le moment le plus dangereux de la vie d’une femme. Beaucoup mourraient en couches, ce qui réduisait singulièrement l’espérance de vie féminine. Tout y concourait : les mauvaise positions de l’enfant, le manque d’hygiène, la pollution des eaux, l’absence de repos et de soins avant et après. Les campagnes étaient les plus mal partagées. Les hommes ne sont pas admis et sont tenus à l’écart ; la banalité d’une naissance ne saurait interrompre les travaux des champs.

Page 187 : la chambre conjugale s’impose néanmoins au XIX° siècle comme chambre à lit unique et vouée au sommeil et à l‘amour.

Page 271 : les « couvents de la soie » lyonnais, implantés à partir de 1840, encadrent massivement (100 000 pensionnaires) les filles de la campagne, placées de 12 ans à leur mariage dans les moulinages et filatures. Elles travaillent 14 heures par jour sous le contrôle de contremaitresses civiles et vivent dans des internats tenus par des religieuses.

Page 322 : pendant longtemps les femmes furent exclues des cérémonies funèbres à l’église et au cimetière ».


                      



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